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6月22日 Sous les sunlights des tropismes (part 6 et fin)L’antropotropisme Il existe bien d’autres comportements, parfois difficiles à expliquer et à classifier. L’anthropotropisme (ou doit-on dire antropisme ?) en est un qu’il convient pourtant d’intégrer dans sa tactique de pêche. La présence de l’homme, à travers une concentration de pêcheurs, peut soit amener les carpes à se fixer sur la nourriture artificielle distribuée, soit finir par les rendre méfiantes. Dans tous les cas elle modifie un tant soit peu le comportement des poissons. Je ne suis pas convaincu qu’ils aient une tendance marquée à fuir ces rassemblements de biwi, mais en ce qui me concerne, c’est inéluctable : je les évite. Les petits plans d’eau sur pêchés de ma région je ne les pratique qu’exceptionnellement, lorsqu’il pleut à plein seau ou la veille de Noël par exemple. Question de tempérament. En résumé, lorsque les poissons commencent à être un peu éduqués, une façon de tirer son épingle du jeu est aussi de différencier son approche, d’une façon ou d’une autre. Nous avons abordé les principaux tropismes qu’il convient ensuite de croiser entre eux et avec les indications de l’échosondeur ou d’un sondage minutieux. Je suis convaincu que la clef du succès est là, savoir être au bon endroit au bon moment. Néanmoins tant que les écailles ne nous pousseront pas sur le dos notre analyse ne sera qu’humaine, subjective et imparfaite. Les carpes pourront bien être là où nous ne les attendons pas. Un dernier conseil : si rien ne marche, tentez le tout pour le tout en plaçant un appât là où les carpes ne devraient pas être... 6月18日 Sous les sunlights des tropismes (part 5)
Le phototropisme Le comportement des poissons face à la lumière est variable suivant les espèces. Certains poissons de surface comme les ablettes la recherchent, d’autres, les anguilles par exemple, la fuient. Dans ce tropisme il convient également de considérer le cycle du jour et de la nuit qui conditionne l’activité des carpes (et des carpistes). Si l’on en croit la composition de ses yeux, la carpe est plutôt équipée pour voir dans des conditions de faible luminosité. C’est très certainement les mœurs noctambules des écrevisses et autres proies qui la guide dans des pérégrinations nocturnes et qui nous pousse à notre tour à la pêcher de nuit. Lors de la mise à l’épuisette l’usage de la lampe frontale est déconseillé car elle provoquera de nouveaux rushs. De même, une fois sur le tapis de réception, il convient de couvrir les yeux de la captive pour limiter les soubresauts dangereux. En ce qui concerne les techniques de pêches, certains se sont essayés à celles utilisées en mer, perles fluorescentes ou bâtonnets lumineux sur les bas de ligne... Pour ma part je n’ai pas poussé jusque là ma curiosité, ni celle des carpes, partant du principe que dans la nature peu de proies sont luminescentes. On me rétorquera qu’il n’y a pas plus de boules fluo flottant naturellement au fond de nos rivières et que pourtant celles ci prennent du poisson… soit. Le gamotropisme C’est la réaction d’orientation vers des eaux favorables à la reproduction. La maturité des organes sexuels, puis la fraye, sont directement liées à la température de l’eau. Lorsque les conditions sont réunies on peut assister à de véritables migrations vers les frayères. Les carpes se regroupent sur ces zones alliant faible profondeur et végétation aquatique. La faible profondeur permet un réchauffement optimum de l’eau et la végétation accueille les œufs. La reproduction débute au printemps, de fin avril à début juin en fonction de la météo. Toutefois tous les poissons, espèces et individus, ne frayent pas en même temps. Les gardons sont les premiers suivis des brèmes puis des carpes. Les plus âgées, en général les plus grosses, sont souvent les dernières à frayer et continuent à s’alimenter à proximité des frayères. 6月7日 Sous les sunlights des tropismes (part 4)
Le limnotropisme et le rhéotropisme Le rhéotropisme est la recherche d’eaux courantes et le limnotropisme l’orientation vers les eaux plus calmes. En été, la présence de courant est synonyme d’eau plus oxygénée. En hivers et en période de crue, la carpe recherchera les courants faibles voire nuls pour économiser au maximum une énergie difficile à regagner. Il n’est pas rare, à cette saison, de trouver les carpes dans les bras morts, les retenues d’eau communiquant avec les rivières, les amortis... J’ai exploité ce préférentiel lors d’une de mes sessions sur une rivière qui charriait en début d’année des mètres cube d’eaux froides, avec des marnages quotidiens de près d’un mètre. Le soleil nous gratifiait de températures quasi estivales, comme cela arrive parfois dans le sud-ouest la première quinzaine de mars. Toutes les conditions étaient donc réunies pour pêcher l’entrée d’un bras mort qui non seulement ne subissait pas l’influence du courant, mais qui de plus se réchauffait rapidement du fait de sa faible profondeur variant entre 0,80 et 1,20m. J’y prenais entre un et deux poissons par nuit alors que mon pote de session avait grande peine à faire un poisson en trois nuits dans le lit principal. La morale énoncée plus haut est sauve. Le tonotropisme Ce sont des réactions d’attirance ou de fuite face aux vibrations. Tous les poissons sont dotés d’une ligne latérale qui leur permet de ressentir les mouvements d’eau, ceux produits par une écrevisse sur le fond ou un insecte se débattant à la surface par exemple. Non seulement la carpe n’échappe pas à cette règle mais elle a de plus, comme le silure, la particularité d’être dotée d’une série d’os qui met en contact sa vessie natatoire avec son système auditif. Ainsi les plus petits mouvements captés via la ligne latérale sont amplifiés, lui permettant littéralement d’écouter l’eau. On comprend mieux l’impact du clonck sur un silure ainsi que le claquement d’une portière de voiture sur un banc de carpes. La discrétion absolue, indispensable pour les pêches de bordure, est une vertu que ne renieraient pas les vieux « carpiers ». Nos anciens, dont Louis Matout (la pêche de la carpe, Librairie Hachette 1943), connaissaient depuis longtemps ces phénomènes et préconisaient déjà l’amortissement des vibrations de la ligne à l’aide de dispositifs précurseurs de ce que les anglais appelleront, quelques décennies plus tard, des back leads. 6月4日 Sous les sunlights des tropismes (part 3)Le thermotropismeC’est la réaction d’orientation vers des eaux plus ou moins chaudes. La carpe peut théoriquement supporter des températures extrêmes de 1 à 35°, ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle se nourrisse à de telles températures. Comme tout animal ectotherme (à sang froid), les variations de température de l’eau impliquent les mêmes variations de température corporelle et influence sa digestion et son alimentation. Plus l’eau est chaude, plus la digestion est rapide et plus les besoins alimentaires sont grands. Commençons par les températures les plus basses. Au-dessous de 3 à 4° il est communément admis que les carpes ne s’alimentent pas et l’amorçage doit être réduit à sa plus simple expression, un soluble de deux ou trois bouillettes. Prenez la précaution de vérifier au préalable que votre soluble fond réellement puisque ce n’est pas forcément gagné d’avance par eau froide. Jusqu’à 6 ou 8° la fraîcheur anesthésie les fibres parasympathiques réduisant ainsi le métabolisme et la sensibilité des carpes. Elles se tournent alors vers les débris de végétaux et de petits animaux morts qui se trouvent dans le sédiment. Cette prise de nourriture, qui peut sembler minime, leur permet d’économiser leurs réserves tissulaires faites à la belle saison et de redémarrer au mieux la croissance au printemps. Elles ne recommenceront vraiment à s’alimenter de façon régulière que lorsque la température avoisinera les 12°. La zone de confort des carpes se situe entre 18 et 26°. Au-dessus elles ne s’alimentent quasiment plus, principalement du fait du manque d’oxygène dissout. De nombreux paramètres font fluctuer la température de l’eau et doivent être pris en compte pour trouver les carpes: orientation du vent, durée d’ensoleillement (liée à l’orientation du plan d’eau et à la saison), pluie, profondeur de l’eau. A ce sujet il existe dans les plans d’eau suffisamment profonds des couches d’eau de températures différentes qui ne se mélangent pas. Cette stratification thermique comporte trois zones. La première, située en surface (sur une petite dizaine de mètres tout de même) est la plus chaude. La température de cette strate est assez homogène même si elle chute de quelques degrés avec la profondeur. La seconde, appelée thermocline, est caractérisée par une chute rapide de la température. Celle-ci peut descendre de moitié en moins de deux mètres! L’hypolimnium, est la couche la plus profonde mais aussi la plus froide. 6月1日 Sous les sunlights des tropismes (part 2)Le chimiotropismeLes poissons réagissent à grande échelle aux effluves, substances et molécules dissoutes, ainsi qu’aux variations physico-chimiques de l’eau. L’exemple connu de tous est celui du saumon qui retrouve puis remonte sa rivière natale pour y frayer. Si les salmonidés sont exigeants quant à la qualité de l’eau, la carpe est elle relativement tolérante puisqu’elle supporte les eaux légèrement saumâtres ainsi qu’une large plage de pH, de 5 à 9[1]. Si pour choisir une future destination vous hésitez entre un plan d’eau calcaire au pH élevé et un autre plutôt acide, sachez que les premiers sont généralement riches en nourriture naturelle (escargots, dresseines...) et produisent bien souvent de (très) gros poissons. Pour en revenir au chimiotropisme, la carpe sait utiliser son système olfacto-gustatif particulièrement développé pour détecter les messages chimiques parfois infimes (calcium, acides aminés...) qui trahissent la présence de nourriture. Sachant cela pourquoi se priver d’un boostage qui au pire n’aura que l’effet d’un placebo sur le pêcheur et au mieux pourrait conduire la carpe tout droit vers votre appât ? Pour la noix tigrée ne me demandez pas pourquoi mais elle se suffit à elle même, un peu de sucre dans l’eau de trempage en augmentant cependant l’efficacité. le branchiotropisme C’est la recherche d’un milieu satisfaisant les besoins en oxygène des poissons. Deux règles nous intéressent. La première indique que les besoins en oxygène de la carpe augmentent avec la température. Ils quadruplent entre une eau à 10° (20 cm3 par heure et par kilo[2]) et une à 20°, pour doubler encore entre 20 et 30°. Cela se conçoit assez facilement sachant que les besoins en oxygène sont directement liés aux besoins alimentaires qui eux aussi augmentent avec la température. La seconde règle concerne la solubilité de l’oxygène et la température de l’eau. Plus une eau est fraîche, plus elle peut contenir d’oxygène et inversement plus elle est chaude, moins elle peut en contenir. Le manque d’oxygène par fortes chaleurs explique en partie l’apathie des carpes, les scientifiques précisant qu’elles cessent de s’alimenter en dessous d’un seuil d’environ 4 mg/l d’oxygène dissout. Si elles ne mangent pas, ou moins, les carpes supportent néanmoins assez bien les milieux faibles en oxygène et ce jusqu’à des taux de l’ordre de 2 mg d’oxygène par litre d’eau. Pour cela elles augmentent la fréquence de leurs mouvements respiratoires tout en ralentissant les battements de leur cœur[3]. Une carpe peut survivre quelques heures avec moins d’1 mg d’oxygène par litre en été et supporter les mêmes taux sur des périodes plus longues en hiver, lorsque les plans d’eau sont pris par la glace. variation du taux maximum d’oxygène dissout en fonction de la température de l’eau :
D’autres paramètres interviennent également dans l’oxygénation de l’eau. Retenons d’abord ceux qui oxygènent par brassage, comme le vent, la pluie et les arrivées d’eau. Tous ceux qui ont pêché en grand lac dans la « soupe » de bordure savent que le vent de face est souvent synonyme de départ, voire de départs en série. La végétation, en plus d’abriter une source de nourriture naturelle que la carpe sait trouver, produit aussi, de jour, de l’oxygène par photosynthèse. De même, les couches supérieures sont plus oxygénées en fin d’après-midi que les couches profondes où la lumière pénètre moins et où par conséquent la photosynthèse ne se fait plus. Si le fond est de surcroît recouvert d’une épaisse couche de vase, le taux d’oxygène peut chuter de 70% et atteindre des valeurs létales pour des espèces moins tolérantes que la carpe. [1] valeurs INRA [2] ROULE 1941 [3] LABAT 1966 et MEUVIS 1967. |
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