Eric 的个人资料un petit poisson dans la...照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
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3月28日 Chap XVI : J’en ris encore dans mes moustachesVendredi 21 juillet 2006 je suis sur la route en direction du nord. Je dois y retrouver à défaut d’un peu de fraîcheur - le temps est lourd - l’ami Olivier, pour une initiation à la pêche à la bouée. En ce début de road movie j’ai indubitablement un problème, soit de train avant ou plus probablement de pneumatique, car la ZX vibre dès que la vitesse dépasse 90 km/h. La prochaine fois je demanderai à Manu plutôt que son zodiac, l’échosondeur, l’abri, etc si il ne peut pas tout mettre dans sa Ford. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la radio annonce une alerte météo orange en soirée sur le Maine et Loire, à cause de violents orages… ô désespoir… J’arrive à Mey Sur Evre, après deux bonnes heures de route. La ZX a tenu le coup… De chez Olivier à la Loire il reste encore une vingtaine de kilomètres à parcourir. Olivier a prévu d’y laisser momentanément une voiture le temps de faire ensemble le tour de quelques postes. Je me gare sur les quais et abandonne lâchement la ZX pour une Evasion… climatisée ! Chemin faisant, Olivier me propose un poste pour la première nuit et de basculer sur une autre rivière si les silures ne se montraient pas coopératifs sur la Loire. Adjugé ! Olivier me dépose à la ZX. Je lui emboîte le pas sur un centaine de metres à peine… puis je lui fais des appels de phare au rythme du « flap flap flap flap flap… » caractéristique d’une crevaison. Après avoir déchargé une petite partie du coffre pour avoir accès à la manivelle et à la roue de secours, le pneu arrière droit est changé, en plein cagnard, dans un style « arrêt au stand à Magnycours ». Le temps d’attraper une grosse suée et nous voilà reparti en convoi. A tout malheur chose est bonne, la ZX ne vibre plus. C’est déjà ça de gagner. A la mise à l’eau une deuxième suée nous attend. Le ciel se fait de plus en plus lourd, de plus en plus sombre, à 4 heures de l’après midi ! Il faut gonfler les deux pneus (décidement on en sort plus des pneumatiques …), charger le matériel, aller parquer les voitures. Les deux zodiacs remontent enfin la Loire vers le poste aux moustachus. Olivier connaît bien les fonds pour avoir déjà pêcher cette zone, rive gauche, entre deux épis. Un rapide coup d’écho dessine les fonds : en amont de l’épi de gauche une « fosse » assez grande (30 m sur 30) avec 3,5 m au plus profond environ. Un peu plus en amont, au milieu des deux épis, un plateau peu profond (1,2 m en moyenne) qui casse à une trentaine de mètres du bord dans un lit profond de 2,5 m. En aval immédiat de l’épi de droite une fosse d’une cinquantaine de m2 est creusée dans le lit. Olivier me laisse le choix. Je lui concède l’aval qu’il avait déjà pêché avec succès. Le temps se fait de plus en plus menaçant. Les premières gouttes tombent tandis que l’orage gronde au loin. L’abri est monté, puis c’est au tour des cannes. Je refais les montages. Je coupe la tête de ligne au niveau de l’émerillon avant d’en nouer un modèle XXL. Je réalise les parties terminales en suivant les conseils d’Olivier. Un triple de 5/0 pour les gros vifs, (où un 4/0 pour les carpeaux d’une main) est relié à un mètre de nylon en 70/100. A l’aide d’un nœud sans nœud un simple de 10/0 est monté au dessus du triple de telle sorte qu’une fois le vif esché sur le simple, un peu en arrière de la dorsale, le triple pende juste en dessous de l’anale. Le bas de ligne se termine par une boucle et fait au final une soixantaine de centimètre. L’orage se rapproche, tant et si bien qu’il est partout, tout autour de nous. Olivier profite d’une courte accalmie pour tendre néanmoins deux cannes, reliées par des cassants en 20/100 à deux bouées. Les miennes ne sont pas encore en place et de toute façon je trouve les conditions météo trop risquées pour aller sur l’eau. Je tends à l’arrache deux cannes du bord avec une pelote de vers canadiens sur un simple n°8/0. Je m’endors entre deux coups de tonnerre. Vers une heure du matin samedi j’entends un des détecteurs d’Olivier qui, peu de temps après, m’appelle. Il est en train de combattre un poisson piqué sur un gros carassin en surface. D’une main experte et ganté Olivier termine le combat en empoignant la mâchoire d’un silure d’1,30m pour 15 kg. Le ciel est dégagé (on voit les étoiles), l’orage terminé. Olivier part retendre. De mon coté malgré l’heure je suis motivé pour aller positionner les bouées, une au dessus de la fosse de droite, l’autre au dessus du lit après le plateau, de telle sorte qu’en tendant le fil le vif soit au niveau de la cassure. C’est celle là qui deux heures plus tard démarre. Malheureusement le combat est avorté au bout de 30 secondes par une casse. Si j’ai bien eu contact avec le poisson j’ai aussi senti comme un frottement sur je ne sais quoi. Toujours est-il que le bas de ligne (en 70/100 !) a cassé 1 cm au dessous de la boucle de l’émerillon. Ainsi va la vie… Nous n’aurons pas d’autre touche de la nuit. Le deuxième soir, le temps est idéal pour les pêcheurs. Pour la pêche nous ne devrions pas tarder à le savoir. Nous tendons trois cannes chacun, deux à la bouée, une à fond. Je laisse la bouée sur laquelle j’ai eu le départ, et positionne l’autre en fin de plateau, à gauche. A 1h du matin c’est celle ci qui démarre. Je pense que la pile de la centrale devait être faible car c’est au miaulement du moulinet que j’ai su que le silure était parmi nous (minou minou). Par contre j’ai eu beau héler Olivier, il dormait comme en Loire. Je me suis donc débrouillé seul, appréhendant néanmoins quelque peu la fin du combat, le moment où l’on doit mettre sa main dans la gueule béante. Avec cette poignée de valise en main j’échoue un silure qui me semble plus gros que celui d’Olivier. Je décroche le simple piqué au bord de la bouche, mais pour le triple il me faut une pince. Je vais devoir aller réveiller Olivier. Rien qu’à me repasser la situation qui va suivre j’en rigole encore. Imaginez la tension et le suspense qui précèdent une scène d’un film d’horreur, et le bond que vous faites ensuite… Olivier devait être dans un trip similaire dans son premier sommeil toujours est-il qu’au réveil il a été pris d’une trouille indescriptible en me voyant la frontale braquée sur lui, remontant son duvet jusqu’aux yeux, se reculant le plus possible au fond de l’abri tout en criant un peu comme une fille qui a vu une souris… - HHHHhhaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAA ! ! ! Une fois encordé, je retourne me coucher, laissant Olive seul… dans le noir. Dimanche, 8 h, je me réveille. J’avais bien mis mon téléphone à sonner à 5h30 pour faire des photos du lever du soleil, mais le temps trop nuageux ne s’y prêtait pas. A 8 heures donc je vais à la rencontre d’Olivier qui dort encore. Un des swingers est en bas, le triple accroché à un des anneaux… une corde part d’un piquet. Partagé entre fou rire et scrupules j’hésite à le réveiller. - t’en as fait un Olive ? S’en suit donc la séance photo précédé des prises de mensurations. Le premier fait 1,23 pour 14,5 kg. Le second 1,41 pour 17,5 kg. Olivier pensait qu’il faisait plus. Il dit qu’en général un silure pèse la moitié des centimètres en plus du mètre (ex : 1,40 à 40/2 = 20 kg). C’est empirique mais souvent assez proche de la réalité. - le « mien » fait 1,36 m pour 18 kg. Vers 11h tout est rangé dans les voitures. Nous repassons par Mey Sur Evre. Pierre, le fiston d’Olive et Véro, a la varicelle le pauvre bonhomme. Après un café et des discussions qui pourraient s’éterniser si chacun n’avait pas de son côté des obligations, je reprends la route… On s’est bien marré. On remettra ça ! Eric Deboutrois, Niort le 23 juillet 2006. 3月21日 Chap XV : Carpe postale d'AvrilCe premier avril 2006 annonce la fin de quinze jours sans pêche et la deuxième sortie de l’année. Je n’ai pas pu continuer l’amorçage commencé en mars et la météo annonce pour ce week-end un temps pluvieux que Mathusalem. Je suis aware que tous les voyants ne le sont pas (au vert). Fort heureusement les prédictions n’engagent que ceux qui veulent bien les croire. Pour les pessimistes, le temps est gris. Petits ou marchant courbés ils auront toujours les nuages au dessus de leur tête. Les rêveurs et autres bienheureux, grands comme Alexandre, l’auront dedans. Quant aux utopistes où à ceux trop grands pour se courber, ils la porteront encore plus haute, au delà des nuages, là où le ciel est toujours bleu. Carpe Diem, pour m’aigrir il faudra bien plus qu’un régime dépressionnaire. Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain. Je sais qu’il m’appartient de provoquer le destin, que la chance s’offre volontiers à ceux qui la courtisent. En fin de matinée je charge donc la voiture pour une demie journée de pêche à l’arrache, voire plus si affinité, prenant un malin plaisir à me dire que ce 1er avril serait assurément une bon choix de date pour faire un poisson. Quel pied de prendre une belle carpe, de le dire aux copains qui ne sauront pas si c’est du lard ou du cochon. Après une salade assaisonnée d’huile d’olive, une tranche de jambon blanc fine comme du papier calque et un yaourt 0% de matière grasse histoire d’accompagner les carpes dans leur diète, je quitte le plancher des vaches. Je décolle pour mon coin de ciel bleu, ma mare à canards. Au pied d’un arbre, le Tabur m’y attends. Quatre gros anatidés blancs pataugent à proximité. Je mets la poignée dans le coin (coin !) et pousse le moteur à fond de cinquième. Les cygnes m’escortent, courant sur l’eau. Je les suivrais bien… Mais j’aurai beau tirer sur le manche, jamais je ne déjaugerai mon vieux Canadair. Plus poreux qu’une poule mouillée, il écope tellement d’eau que sa double coque doit être pleine comme un œuf. J’accoste et sort les cannes, fatalement mouillées. Sinon ça ne servirait à rien de les essorer me diriez vous. Peut-être, mais j’ai constaté que chaque partie de pêche réussie commençait toujours par le même rituel : sortir les cannes. Certains ajouteront : c’est une Lapalissade ! Non, c’est une Obsession… Collector s’il vous plait ! J’étends donc les cannes, mouillées. Quatre Trigga attendent pour le bain, eschées depuis le matin. Elles seront servies sous peu sur un plateau, et j’ai bon espoir que malgré ce jeun, ou à cause de, les carpes les reconnaîtront rapidement comme du bon miam. En pleine dépose, je constate l’arrivée d’une voiture qui immanquablement est passée devant la mienne, garée sur le chemin, et qui ne peut que m’avoir vu. Une équipe de deux pêcheurs en descend et s’installe pour une pêche au coup, me semble-t-il. Le glas sonne comme une claque. Je suis fait comme rat et fromage enfermés sous une même cloche. Tous mènent au lac, elle n’aurait pas pu prendre un autre chemin, ou partir quinze jours en avance à Rome. Un sens olfactif développé, ou le simple bon sens me dit qu’il ne serait pas raisonnable de pousser jusqu’au bout de la nuit cette escapade. D’après le calendrier de la Poste, le soleil se couchera à 18h19. J’ajoute deux heures et trente minutes ce qui pousse la limite légale à 20h49. C’est nul, mais c’est comme ça. Dans l’après-midi, deux poissons, pas vraiment gros, viendront à ma rencontre. Je relâche ces deux éclaireurs, et me retrouve à devoir rentrer, à contre cœur et dans le noir, enfermé au fond d’une soute de bateau négrier, esclave d’un code qu’on devrait abolir. Je disperse chemin faisant 3 kg de bouillettes, pensant ne plus y revenir avant le lundi suivant, afin de poursuivre l’amorçage. Arrivé à la maison, yé sors juste lé tapis, touyours mouillé lui auchi. C’est marrant, une partie de pêche réussie finit souvent comme ça ! Pour le reste du matériel, il fera jour demain. Némo Dimanche matin, après une bonne grasse matinée, je m’offre néanmoins un copieux petit déjeuner : café noir sans sucre, 10 grammes de beurre, 80 grammes de pain complet, et un yaourt 0% de matière grasse sans sucre… beurk, c’est pas bon. Consolation dehors il fait beau. Il fait toujours beau au dessus des nuages. Si les utopies d’aujourd’hui seront les réalités de demain, mes utopies d’hier sont pour aujourd’hui, c’est d’une logique implacable ! Il ne me faut que peu de temps pour convaincre mon fils Damien de venir avec moi au bord de l’eau. 14h30 je dépose le dernier montage avec une dizaine de bouillettes éparpillées autour. Bêêêêêêêêêêêê fera un Delkim moins d’une demie heure après. Une première carpe vient de rompre le silence des anneaux. Une autre l’imite trente minutes plus tard, donnant à Damien l’occasion de ré approvisionner le numérique. Vers 16 heures, alors que nous péchons depuis moins de deux heures, la canne de droite frémit à peine. Un détecteur mal poli éructe un bip. - Vasistas ? Une brème ? - Je peux la prendre papa ? - Attends… Au ferrage l’idée d’une brème s’estompe vite. Le plastique a beau être fantastique, on ne sent rien pendant le combat. La tresse c’est magique ! Le poisson part vers l’aval, lourd comme un cheval maure. Je jaunis à l’idée d’arriver tout juste à arrondir la course du sarrasin (c’est presque comme un carassin mais en plus gros), qui se rapproche dangereusement de ma berge et des arbres immergés. - Damien… le tapis et l’épuisette : dans le bateau ! Je pars au devant du berbère. Je sais tenir un beau poisson. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Qui tient l’autre ? J’accompagne le poisson au moteur dès qu’il cherche à s’éloigner vers l’aval… Je le contre en marche arrière dès qu’il mène la danse et le Tabur par le bout du nez direction les arbres. Damien fait des photos du combat depuis la rive. Dur dur, poussé que je suis par le vent, d’éviter la dérive, de combattre, de présenter l’épuisette, de redonner un peu de frein. Il y a des jours où je troquerais volontiers ma douce fourrure d’ours pour enfiler celle plus visqueuse mais mieux membrée, d’une pieuvre. Au rythme de Pouple Fiction, revisité par Black Eyed Peas, je pompe, je pompe ! Après Moby Dick c’est 20 000 lieues sous les mers. Exit Achab, bienvenue Némo. La tête de ligne entre enfin dans le moulinet. J’aperçois un plomb montre qui annonce logiquement l’heure d’une victoire proche. Le poisson monte sur le flanc. Dans une ultime manœuvre la pieuvre étend ses tentacules, pousse l’épuisette au plus loin, le scion au plus haut. Le piège se referme. Clic clac, dans la boite. Après la traditionnelle séance photo je m’apprête à affranchir (normal pour une carpe postale) celle qui nage et qui, un an après, presque jour pour jour, est revenue à la rencontre de celui qui marche, la tête au dessus des nuages. A moins que ce soit l’inverse, et que ce soit moi qui l’ai cherchée. Tarif en vigueur, le fiston fait quelques photos de cette remise à l’eau quand une nouvelle carpe sonne le rappel et nous ramène les pieds sur terre : nous pêchons encore. Bientôt 19 heures, je vais à nouveau devoir provoquer le destin : après la photo et la littérature, Damien doit encore réviser un peu sa Géo. Nous plions, direction maison… 3月15日 Chap XIV : Mars et ça repartAprès un début d’année plus booké qu’un fleuriste, l’heure est venue d’aérer l’oiseau, avant l’arrivée de l’influenza. La première sortie est prévue en journée, samedi 18 mars 2006, avec le fiston, voire le lendemain avec Manu qui se recycle dans la location de matos de pêche. C’était sans compter sur le coup du sort (j’ai failli écrire « du soir »). Damien a pris un coup de poing dans le nez à l’école en début de semaine. Bilan, le pif est fracturé, tandis qu’Hercule (Manu) a un lumbago : « Pan ! Démis » doit se dire le sort. Mais on me la fait pas à moi. Seul, envers et contre tous je me lèverai samedi matin de bonne heure pour la première sortie de l’année… Sinon, avec l’Assemblée Générale de l’UNCM du week-end prochain ça repousse au 1er avril pour prendre un premier poisson. 10h30 du mat’, je repousse les draps et le départ en début d’après midi. Rien n’est prêt. Il faut se motiver… 13h passées, ma femme compatissante me dit que je ferai mieux de dormir au bord de l’eau la nuit prochaine. Elle a raison. D’ailleurs les femmes ont toujours raison. C’est un peu bête de faire deux aller-retour, d’autant que j’en ai déjà fait trois dans la semaine pour aller amorcer. C’est décidé, je pars pour deux jours. Je relèverai les cannes samedi soir et les retendrai dimanche à l’heure des braves. Arrivé à bon port, je retrouve mon fidèle destroyer qui, une fois chargé fend les flots vers le haut plateau. La zone préalablement amorcée, à raison de dix kilos de bouillettes, fait facilement la surface d’un terrain de foot. J’ai allongé vers l’aval car il y a une partie plus profonde et plus en pente douce que la partie amont du plateau qui elle fait une réelle marche, passant de 2m à 4,5m. Je place deux montages en amont, une sur le plateau dans 2m (lieu de la capture de Moby Dick en avril 2005 pour ceux qui suivent), une autre en bas de la marche, dans 4,5m donc. Les esches sont les mêmes billes que celles utilisées pour l’amorçage. Addict à ces petites « gatri », j’en connais qui vont se retrouver d’ici peu avec un cheveu au bout de la langue et un piercing aux lèvres. En zone aval, même approche : un montage sur une zone dure en haut de la cassure dans 2,5m environ, juste en dessous de la rangée de souches qui borde le plateau et que l’on voit bien à l’écho (merci Kiloutout), et une plus en aval, sur la pente, dans 3m. Il est un peu plus de 14 heures quand les 4 cannes sont opérationnelles. Il n’y a pas un chat sur le lac, tout juste quelques grèbes. Il pleut comme Guy. Je décide de monter l’Evolution (merci Ki ?) un peu en retrait dans le bois pour tout mettre à l’abri y compris des regards. Quinze, seize, dix-sept, dix-huit, dix-neuf heures et pas un bip… Il pleut de plus en plus dru, ou est-ce la panne des –autres- sens qui, allongé sur le bed m’attise l’ouie ? Je sieste et en oublie de relever les montages. A vrai dire je suis bien au sec, j’ai la flemme et surtout l’intime conviction que le temps joue pour moi . Elles vont bien y monter sur ce plateau, tôt ou tard. Reste à savoir quand et ça c’est le premier bip qui nous le dira. « blebleblebleeeeeu… ». A 20h30 la centrale m’annonce un départ sur la canne la plus en aval. J’émerge et enfile clopin-clopant les wadders. Je combats du bord. Les Pandor sont sortis de la boite pour la première fois. J’apprécie de retrouver les sensations de la tresse et les coups de tête à l’autre bout du fil, une centaine de mètres plus loin. La fée du lac m’offre une miroir d’une douzaine de kilos… Dans le combat mon plomb s’est décroché. A l’issue je fais de même avec la belle et la rends à son sort comme dirait le Capitaine Hadock. Tel un alchimiste je remonte à l’abri changer le plomb. Blebleblebeuleu fait la centrale. Quid ? Touche à revenir sur la canne qui pointe son doigt en amont, en haut du plateau. Carpe téléphone maison… Le swinger est au plus bas. Je mouline et prends contact avec un poisson qui se battra sous la canne. J’empoche au final une longue commune, typique du lac, dont je n’estimerai pas le poids peu sûr que je suis de ne pas être en deçà de la vérité vu l’épaisseur. Je retourne à l’abri avec la deuxième canne pour changer la bouillette ce coup ci. Beeeeeeeeep : départ sur l’autre canne aval. A croire qu’elles sont toutes montées sur le plateau en même temps ! Je mets au sec une nouvelle miroir, plus courte mais au ventre gonflé par les œufs, qui doit avoisiner la dizaine de kilo. Je re dispose les trois montages à l’identique, ou presque, dans le noir et sous une pluie ininterrompue. Quant à celui en bas de la marche, il dort tranquille. Les départs se succèdent ainsi, sur les trois mêmes cannes, jusqu’à 6h30 du matin. Celle la plus en aval a un rendement légèrement supérieur. D’ailleurs à l’approche de l’aurore je décide de ne plus la retendre, poussé par un subtile mélange de discrétion et de flemme. Au total je prends 9 carpes en 10 heures, et pas une seule photo. La plus grosse, une miroir d’aspect très similaire à Moby Dick, fait 15+. Vers 9h je repousse la couverture polaire découvrant un beau soleil. J’ouvre une boite de sardine à l’huile d’olive en guise de petit déj (c’est plein d’oméga 3) et décide d’attendre un peu avant de plier. L’abri sèche. Rien ni personne ne viendra troubler la quiétude de cette belle matinée. Vers 10h je passe un coup de fil à Kiloutout et lui laisse un message sur son répondeur. Je plie tranquille vers 11h30. Elle est pas belle la vie ? 3月6日 Chap XIII : Papaaaa…. T’as une touche !Lorsque les secteurs de pêche de nuit partent en fumée pour des prétextes fallacieux, je ne puis m’em…pêcher de penser à cette époque où la chasse aux sorcières se terminait sur le bûcher. « La pêche de nuit est morte, vive la pêche de jour rien que pour nous » semblent jubiler nos détracteurs ! C’était sans compter qu’à l’instar d’un Phœnix, des sandres de la pêche de nuit pouvait renaître la pêche de la carpe de jour. Antescriptum Secteurs, secte… j’te vois dans le rétro Satanas. La messe est dite, le couperet tombe : plus de pêche de nuit. Ainsi soit-il. Que les gestionnaires qui veulent se faire Hara-kiri le fasse, c’est leur choix. A croire que la pêche en France soit si forte qu’on puisse l’amputer de quelques membres. Bref, comme tout ce qui ne tue pas rend plus fort, il leur faudra pendant quelques temps encore se lever bien tard pour que leurs nuits interdites soient plus longues que mes jours. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Rapide calcul : lever du soleil 6h30, coucher du soleil 21h30. Je ne pose rien et je retiens tout : 16 heures de pêche en comptant la marge légale d’une demie heure avant et après. Huit heures d’interdit pour seize de liberté. En route pour la pêche de jour généralisée ! Puisqu’on nous sert retour vers le futur, l’approche envisagée sera des plus traditionnelles : choix d’un poste et pré amorçage régulier. Comme c’est dans les vieux spots qu’on fait la bonne soupe, je sais déjà où je vais jeter mon dévolu. Avec mon fiston nous chargeons le Tabur sur la De Lorean. Je règle le compteur spatio-temporel sur J + 7, quelque part dans l’ouest. Il était une fois dans l’ouest J+7, 5h00 du mat’. Je réveille Damien. En moins de deux il s’habille et avale son chocolat chaud. C’est sa première sortie carpe avec papa. La voiture est chargée depuis la veille au soir. Les sabres sont affûtés et patientent tranquillement dans leurs fourreaux. Quatre bouilles happy, en plus des deux nôtres, sont déjà eschées sur les cheveux. Seize chaussettes solubles sèches et archi-sèches attendent dans un seau à coté de deux kilos de bouillettes et autant de pellets. La sonde est même raccordée à l’échosondeur. Tout, dans le moindre détail, est prêt pour être opérationnel dans les meilleurs délais. Damien emporte ses leçons d’histoire de l’année scolaire écoulée, des mots croisés, une BD, un jeu de cartes de UNO, de quoi mélanger utile et agréable si la journée venait à se faire longue. Nous avons prévu de rentrer vers 17 heures, pris par d’autres impératifs. Premier départ 7h30, les quatre bouillettes partent en éclaireurs, avec leur petit sac soluble sur le dos, accompagnées d’une volée de pellets porte bonheur. Vive les mariés… Deux sont amenées sur un plateau, celui que j’amorce depuis une semaine, deux autres sur ma bordure, aussi près possible que nous y autorisent les potamots. La première touche ne se fait pas attendre. J’épuise un carpeau qui permet à Damien de prendre la pose. Cheeeese… Pas la peine de lui demander de sourire. Happy. En revanche je lui explique comment ré oxygéner par quelques va et vient la petite miroir, qui repart comme si de rien n’était, en deux coups de caudale. En quelques coups de rames je retourne à mon tour déposer montage et sac soluble. Il n’est pas 9 heures que deux nouveaux poissons posent pour la postérité. D’abord une petite tanche gluante et glissante comme une savonnette. Ensuite une petite commune qui nous entraînera dans une explication des différences entre tanches et carpes, miroirs et communes. Je préfère ça à « Dis Papa c’est quoi cette bouillette de lait ? »… Festival de couleurs Sur le coup de 9h45 j’ai un nouveau départ, canne de gauche sur le plateau. Je pars combattre en bateau (il y a trop de potamots en bordure pour espérer ramener du bord) un poisson que je sens un peu plus lourd. Si la montagne ne vient pas à toi… Je pompe et me rapproche ainsi doucement. Au top vertical nous remontons le temps, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre donc. Au milieu du lac, magnifique salle de bal, une carpe m’entraîne dans une valse (il faudra qu’elle vienne, si si) effrénée par quelques clics, lorsque j’entend au loin : « Papa… Papaaaaa ! T’as une touche sur la jaune ». J’imagine le balancier jaune coller sous le blank de la canne de bordure. La carpe, qui ne va pas m’attendre, doit déjà être calée dans les potamots me dis-je… J’abrège la danse, et empoche une jolie miroir de 10+. Je rame vers la berge aussi vite que je peux, la valseuse enfermée dans le matelas de réception entre mes jambes. Je hèle Damien pour qu’il me sorte un sac de conservation. La carpe glisse du matelas vers le sac que, de l’eau jusqu’en haut de ses cuissardes, Damien tiendra. Je pars chercher la carpe des potamots. Elle s’est enfuie bien plus loin que je ne le pensais en fait. J’arrache des poignées d’herbes dense pour dégager la tresse. Elle a bien fait une vingtaine de mètres déjà. Je dégage le clip plomb qui bloqué par les herbes est remonté sur le corps de ligne. - Papaaaaaa t’as une autre touche… - Hein ? - … sur la bleue. - Arggggh… C’est la deuxième canne du plateau. Pensant être proche de la captive, je tire un peu plus que de raison sur la tresse qui finit par céder. Fait ch… ! Avec le recul je me suis fait avoir, comme un bleu, j’aurais du revenir sur la berge en ouvrant le pick-up et m’occuper de « la jaune » un peu plus tard, une fois la bleue prise. Avec des si on mettrait Paris en bouteille et toutes ses prises au sac. Je bataille, avec la bleue donc, une deuxième miroir qui s’avérera un peu plus grosse que la précédente. Je la reconnaîtrai facilement grâce à quatre écailles qui forment un trèfle au niveau de la base de sa caudale. Me voilà avec un doublet et trois cannes au régime sec. Je règle l’appareil photo numérique sur le mode automatique, explique rapidement à Damien comment zoomer avec la bague de l’optique, appuyer à mi course pour la mise au point… Clic clac, dans la boite. Je vérifie le cadrage - pratique le numérique - et lui demande de serrer un peu plus. Il se débrouille plutôt bien, du haut de ses 10 ans, pour une première séance photo. Les carpes rejoignent leur élément. Pendant que je m’affère à servir des balles neuves et confectionner des « sticks » avec le filet soluble, Damien compte les poissons : deux petites carpes, une tanche, deux 10 +, une casse. Quatre carpes et il est tout juste 10h30 heures du mat’. Je n’ai jamais vu cela en 10 ans sur ce lac, habituellement avare en touche, qui plus est de jour (pied de nez). Et je ne suis pas au bout de mes surprises puisque le festival continue de plus belle, avec sept autres carpes jusqu’à 15 heures, dont une jolie commune style wildie, et deux autres miroirs de 10 environ. Vers 15h je combats en bateau pour la Nième fois quand sur la berge résonne comme un air de déjà entendu : « Papaaaa t’as une autre touche »… Je décroche la première en pleine eau, souque ferme vers la berge pour combattre la deuxième que je relâche aussitôt prise. Ayant déjà deux cannes sur Off, je jette l’éponge et décide de plier, non sans avoir éparpiller les deux kilos de bouillettes restant. A l’heure du bilan, j’ai les bras comme Popeye et les pecs d’Arnold à force de ramer. Qui a dit que la pêche n’était pas un sport ? Damien est ravi de sa première « vraie » sortie carpe (il en avait fait d’autres dans la poussette) et à pu toucher ou voir en 7h30 de pêche de jour onze carpes, une tanche et un gardon XXL J’ai peut-être gagné une petite place entre Billy Crawford et M Pokora (elle me contrôle). Nous avons passé une super journée, sans avoir le temps de faire une partie de UNO… UNO what ? I’m happy ! Post scriptum C’était la première fois que réellement je prenais la peine de pré-amorcer un poste à la bouillette pure, plus habitué à la single. Pour développer un peu l’approche, que depuis j’ai renouvelé avec à la clef des séries similaires de plus de 10 carpes en journée, j’avais dispersé en trois fois (tous les deux jours) 10kg de Trigga et un peu moins de pellets. Premier constat : si on s’arrête à l’aspect nutritionnel, c’est somme toute peu, trop peu même par rapport à ce que peuvent manger les carpes à cette saison. En considérant que la ration alimentaire journalière représente d’après les spécialistes environ 10% de leur masse corporelle, les cinq plus grosses carpes touchées peuvent consommer à elles seules 5kg de bouillettes par jour. Fallait-il avoir la main plus lourde ? Je ne sais pas… Continuant sur ma lancée à l’issue de cette première sortie, j’ai laissé reposer le poste trois jours tout en continuant à l’amorcer (10 nouveaux kilos de bouillettes au total) de façon éparse sur l’équivalent d’un terrain de hand-ball. Mon but, vous l’aurez compris, n’était pas de nourrir ni de passer au dessus de la nourriture naturelle, mais bien d’accoutumer quelque peu les poissons à trouver facilement de la bonne pitance et fatalement de s’y intéresser. Même si les carpes bougent et mangent beaucoup à la belle saison, ce serait une erreur, une hérésie même (à moins de pêcher dans un carpodrome) de benner n’importe où et de croire que les carpes vont venir vous bouffer les scions ! La clef de la réussite c’est bien sûr et avant tout de localiser les poissons, d’être au bon endroit. Ainsi, il est sûrement possible sur une semaine de construire, préparer un poste, pour espérer faire plus de rendement qu’à la single. Je dirai pari gagné puisque lors de la seconde sortie, toujours accompagné de Damien désormais « carp addicted », nous épuisons douze carpes dont Trèfle et une de ses sœurs déjà prise la fois précédente. Sur un autre poste, avec la même méthode, ce sont treize carpes qui rejoindront le font de l’épuisette en douze heures, dont une prise lors de la première sortie. Eric Deboutrois, juillet 2005 |
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